ANNABA, LA DESCENTE AUX ENFERS « 

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Depuis des années, le seul changement qu’on a pu déceler dans la ville est la descente en enfer d’un patrimoine que les vicissitudes du temps et de la mauvaise conduite ont entrainé chaque jour que Dieu fait dans un précipice ou nulle force n’a le pouvoir de sauver de la grande déchéance qui lui est destinée. Les responsables qui ont défilé au gré des changements décidés en haut lieu ne purent que constater les déficiences irréversibles qu’aucune action ne put en venir à bout. A première vue, rien ne peut envisager une sortie plausible dans le marasme qui serqble envahir toute la société. Ainsi en a- t-il était de la destinée d’une cité qui était la fierté de ses habitants. par quel préambule peut-on introduire un article sur la ville d’Annaba que par ces quelques lignes dont le pessimisme est très pénible et qui renvoie à la grandeur passée d’une ville qui a perdu de son faste ? Annaba, ville régionale ou nationale ? Nul ne s’y prononcera ? En effet qui fréquente cette ville qu’on dit avoir été l’une des plus belles d’Algérie ? Elle fut la ville industrielle ou l’un des pôles les plus attractifs du développement de l’Algérie indépendante fut construit. C’était la période où des dizaines d’usines couvrirent des hectares de bonnes terres, enlevées à une agriculture non moins réputée qui fut aussi exceptionnelle que ne le furent ses agrumes et cultures maraichères. Des milliers de nouveaux habitants y découvrirent leur bonheur. dans ce qu’elle leur offrit de travail et de gites. Ses plus belles années périclitèrent en jours sombres ou tout ce qu’elle compta comme aubaine et réussite pour ceux qui étaient dans le besoin se transforma en malédictions et en malchances. Des usines fermèrent, des ateliers se barricadèrent, des ateliers se vidèrent de leurs occupants. Des commerces mirent la clef sous le paillasson. Que resta-t-il de ces années de développement ou, du moins, cette grande période ou tout un chacun connut satisfaction de ses besoins élémentaires et réussite à ses intentions de changement llfaut bien des études socioligiquespour bien cerner objectivement ce qu’il est advenu d’Annaba depuis les années quatre-vingt-dix Ou sont passés ces milliers pour ne pas dire ces centaines de milliers de cadres, agents de maitrise et ouvriers qui firent marcher des centaines d’usines, ateliers et commerces qui, pour la plupart, n’existent plus. Ce qui se passe actuellement, c’est que les gens deviennent plus pauvres, presque sans se rendre compte que des classes entières changent de statut chaque jour que Dieu fait. Peut-on ainsi dire que la classe moyenne rexiste en Algérie ? Difficile de s’y prononcer en l’absence d’études sérieuses.eu’à cela ne tienne ! Par quoi a-t-on remplacé toutes ces usines et chantiers ainsi queles entreprises de services fermées à la production ? Une armée de nécessiteux apeuplé la ville et ses environs. Les synonymes du mot nécessiteux sont légion. On al’embarras du choix : besogneux, pauvres, humbles, mendiants, sans-le -sous, va-nu-pieds, indigents, pouilleux. La pauvreté à Annaba ou, ailleurs, en Algérie existe bel et bien.Le dénuement s’accroit, enfermant des foyers dans le traquenard de la pauvreté. Désl’aurore, la ville est saturée par une cohorte de gens empruntant tous les moyensimaginables de transport en ces temps de dèche et de besoin. Les matricules des véhicules montrent qu’Annaba attire toujours les ex arrondissements qui constituaientses limites. Tebessa, Guelma, Souk Ahras , Tarf et bien.d’autres régions encore sont lesimmatriculations des véhicules qui s’agglutinaient daÀ5 tous les coins et recoins de la cité.Le centre-ville est la destination de tous. A en croire que la résolution des problèmesde tout ce beau mondese trouve en ces lieux. Au crépuscule quelque peu avant le coucher du soleil, le même manège qui a entrainé l’envahissement de la ville concourtà son désemplisse Ne restent alors que les derniers badauds qui regagnent peu à peules cités environnantes. Le lendemain, aux mêmes heures, le scénario de la veille serépètera avec les mêmes refrains. En attendant de jours meilleurs, Annaba, qu’on dit a coquette, se contente du peu que lui confèrent les conditions économiques toujoursen décroissance .

OUIHASSI Mohamed

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