ASSAINISSEMENT DE L’ENTREPRISE PUBLIQUE ECONOMIQUE : « L’ENCOURAGEMENT AU RETOUR DES COMPÉTENCES, RELÈVERA DE DÉCISIONS HISTORIQUES ».

Economie

Par Mohamed OULHASSI
Et Mohamed RAFRAF

Que n’a-t-on compris de toutes ces manigances qui ont accompagné le développement économique de l’Algérie ? La fierté des précurseurs de l’industrialisation a, dès le début, été mise à mal par des oiseaux de mauvaise augure qui se recrutaient aux différentes étapes du développement par aussi bien les anciens ennemis du pays que par les faux cadres qui voyaient en les jeunes universitaires les pires ennemis à leur ambition démesurée.
On a créé par exemple, le vide à l’entreprise algérienne de sidérurgie : cette entreprise qui a accumulé tous les ressentiments de ceux qui ont imaginé être les véritables théoriciens de l’économie ! Souvenons-nous des hostilités et rancœurs des responsables qui ont succédé au défunt Président Houari BOUMEDIENNE. On a même vu le Président Chadli BENDJEDID inaugurer une petite gare des chemins de fer toute proche de l’usine sans y mettre les pieds durant toute la durée de sa présidence.
Ceci pour dire que ce joyau de l’époque Boumediene sera abandonné purement et simplement à une catégorie de gestionnaires qui gérèrent les lieux en autarcie loin de toute implication de structure étatique pour le contrôle , ce qui a rendu naturellement l’étendue de leur pouvoir immense et rendu leur arrogance incontournable et incontrôlable.et de ce fait s’entourèrent de toutes les précautions pour la mise en place d’un clan dont l’objectif est la protection de leurs acquis qui se résument par la mise en œuvre d’actions de sauvegarde, de soutien et de défense de leurs conquêtes.
Bien évidemment ce clan se construisait essentiellement par la cooptation de ses nouveaux membres sur la base de règles incontournables et inévitables, ce qui revient à dire qu’il est fermé et le restera devant toute personne n’ayant pas subi les épreuves qui lui permettent d’accéder au sein du milieu. Nul n’est donc admis dans le milieu s’il ne fait pas montre de pattes blanches !
le clan restera fermé à tous et ne permettra pas à ces cadres, même s’ils sortent des meilleures écoles du monde ou qu’ils révèlent des compétences extraordinaires, à figurer dans les organigrammes de l’encadrement supérieur car ils ne rentrent pas dans les critères de sélection du clan qui sont principalement l’incompétence et la déliquescence ; et de ce fait resteront à l’écart et seront hors course aux postes importants de l’entreprise.. Cette mise à l’écart constitué en elle-même le fondement de la résignation et de la renonciation de ce personnel à leur poste. De là le commencement de la recherche d’un départ à l’exil.
Cette situation ira en s’aggravant et atteindra son point culminant avec l’abandon du complexe aux indous C’est la phase qui verra le « clan » recevoir le plus grand coup de pied de son existence. Les indous les ont humilié en ne laissant de leur superbe que des miettes. Ils n’hésitèrent même pas à dire d’eux qu’ils sont des jouisseurs qui courent après les primes et les missions à l’étranger.
Pour bien enfoncer le clou, ils, c’est-à-dire les indous, les dévaluèrent dans les réunions de travail pour dévoiler leur incapacité. Ils quittèrent, à la fin, l’usine la queue entre les pattes. Ce qui ne veut pas dire que les autres cadres (les universitaires) trouvèrent leur compte. En effet, nul n’échappa à la main de fer des asiatiques dont l’objectif était de vider les ateliers du « surplus » de travailleurs qu’ils considéraient avant même la prise des lieux comme indésirables.
Figurez-vous que d’environ dix-sept milles travailleurs au début de l’arrivée du nouveau patron, en l’occurrence l’indien, il ne resta plus que cinq milles et quelques centaines à leur départ en 2001. Bénéficiant de l’appui des gouvernements d’alors ils firent du joyau de l’industrie industrialisante de feu Houari un grand regroupement mal géré et pollué d’ateliers immenses. Ainsi de chaines d’ateliers de production qui occupait près de 17000 travailleurs dans sa première configuration, il a vu ses effectifs réduits avant sa vente aux indous.. Organisé en chaines d’ateliers de productions la mission du complexe est l’élaboration de la fonte et sa transformation en acier pour la fabrication de tubes, tôles et fil et rond notamment. L’objectif de fabrication du complexe est matérialisé par un processus de fabrication allant de la transformation de la matière première à la mise à la disposition du marché algérien de produits semi. finis et finis
Quel bon choix de partenaire a été fait par l’ancien gouvernement qui a laissé des milliers de travailleurs sur le carreau avec un effondrement de la production d’acier.et le débauchage des meilleurs cadres techniques que sont les aciéristes, fondeurs, hommes d’entretien, d’exploitation, gestionnaires de la production et de la qualité !! On a créé
le vide à l’entreprise industrielle algérienne, particulièrement à l’entreprise de sidérurgie.. Cela s’entend au plan des hommes qui sont placés dans des postes stratégiques après l’éloignement des titulaires par aussi bien les clans créés par les ravageurs des anciens tenants du pouvoir que par les indous qui n’étaient intéressés que par leurs propres intérêts.
En réalité c’était le gouvernement qui était le véritable manager de toute l’économie. Sont-ce les politiciens qui gèrent nos installations ? Ne connaissant pas ou ignorant tout du monde industriel, ils sont manipulés par les mauvais techniciens. Des centaines de millions de dollars n’ont rien donné au plan des investissements Tout ceci a été facilité par des ministres qui sont passés maitres dans le mauvais choix des hommes ou qui avaient des objectifs qui ne cadrent pas avec le développement de leurs secteurs.
Quel meilleur exemple à donner que la dernière réhabilitation en 2015 du complexe d’El Hadjar qui s’effectue dans de bonnes conditions selon son premier responsable ; il s’agirait de la poursuite et du parachèvement des opérations de restauration des installations industrielles. Ce n’est, donc pas, un simple entretien qui va être engagé mais une opération de remise à niveau totale du haut-fourneau et de l’unité de préparation de la matière et agglomérés (PMA), en introduisant le système automatique qui fonctionnera par commande avec une salle de contrôle ultramoderne avec des logiciels.
Seulement cette réhabilitation n’a pas connu les résultats escomptés. Des centaines de millions sont partis en fumées, dont de la devise, au plan des investissements réalisés. Tout ceci est rendu possible par les décisions des hommes qui s’occupaient des opérations de négociation, de réalisation, de suivi et de contrôle. Mais ceci n’est que le résultat naturel du choix des exécutants choisis par nos hommes politiques après le vide créé dans les établissements du fait des différentes actions de réduction des effectifs qu’on désignait par l’appellation de « départ volontaire » qui était en réalité des licenciements déguisés.
Souvenons-nous que la malédiction qui a touché notre économie a commencé par la libération des meilleurs cadres, maitrises et ouvriers qualifiés dans le cadre des départs volontaires qui, cela coule de source, n’a vu, en réalité, que l’abandon de leurs postes que par les meilleurs ; il est évident que ce ne sont pas les tire-au-flanc ou les fainéants qui vont quitter !! Que ce soit pour les cadres ou les autres qualifications.
Ainsi a-t-on vu des éléments vulgaires à tous les niveaux de qualification prospecter au niveau des secteurs de l’usine à la recherche de postes abandonnés par leurs titulaires pour bénéficier de « promotions » déméritées sur tous les plans. .On n’a pas à spéculer sur cette réalité puisque ce sera le début du massacre. De mauvais éléments remplacèrent des hommes que l’entreprise forma dans de grandes écoles et des ateliers des plus grandes entreprises du monde. Ce sont dans la plupart des cas avec ces nouveaux que l’entreprise va faire sa mue auquel s’adjoindra d’autres catégories de personnel qu’on débauchera de secteurs n’ayant aucune relation avec la sidérurgie et la métallurgie. Ce fut la déclaration du PDG d’alors, monsieur Touati, qui exprima bien le malheur qui frappa de plein fouet le monde de l’industrie lourde.
Il disait « que l’opération de réhabilitation du complexe est très difficile. Pour ne pas connaître du retard dans la réhabilitation du complexe, la direction de ce dernier a recouru, souligne Touati, au rappel des retraités du complexe. Cette décision a été prise par le ministre de l’Industrie et des Mines Abdessalem Bouchouareb »
Cette déclaration constitue en elle-même une reconnaissance indirecte de l’échec de tout ce qui a été entrepris auparavant comme les départs volontaires la vente du complexe aux indous et tout ce qui s’ensuivit du point de vue de la réduction acharnée des effectifs qui a vu le licenciement des meilleurs éléments, ce qui a ENGENDRE le recrutement des retraités pour la réhabilitation des équipements et installations étant donné la rareté de spécialistes. …etc.
Mais ce qui laisse à réfléchir, c’est la marche réel du complexe avec le départ des meilleurs dans le cadre des départs volontaires ! Preuve en est donnée avec le rappel des retraités. Avant cela tout indiquait que rien ne marchait plus comme avant vu que tous les indicateurs de production étaient au rouge :
a) mise au mille indiquant les grandes pertes du point de vue de la qualité et donc des faibles quantités produites d’acier conforme par rapport aux produits rebutés,
b) taux de marche très faible prouvant la marche à-coup des installations,
c) cadence minime de production se répercutant sur les prévisions de production indiquées dans les programmes de production.

, le P-DG d’Imetal a assuré «Tout ce qui est en train de se faire au niveau d’El Hadjar est suivi et supervisé par le gouvernement en temps réel», ajoutant que le gouvernement ne lésine pas sur les moyens et il a mobilisé tout ce qui est nécessaire pour réussir la relance de l’activité du complexe. Il a tenu à rendre un grand hommage à Abdessalem Bouchouareb qui a pris, selon lui des engagements dont les facilités bancaires pour pouvoir payer les salaires et assurer la stabilité au sein du complexe».
Soulignant, enfin, que la grande promesse de ce cadre de haut niveau de la sidérurgie algérienne n’est que mystification pour ne pas dire tromperie car en dehors des fleurs jetées à un personnage honni par l’Algérie à savoir le ministre de l’industrie en l’occurrence son chef BOUCHOUEREB Abdeslam, tout ce qu’il a déclaré n’est que fausses informations
Ceci est facilement déduit de la déclaration suivante qu’il a faite à la presse ; «  S’exprimant sur le futur du complexe d’El Hadjar, Touati a émis un souhait de voir ce dernier retrouver sa vocation initiale, à savoir «celle d’un producteur d’acier, un sidérurgiste au service exclusif de l’économie nationale». Il dit encore que «C’est la production d’acier qui pourra garantir la pérennité du complexe», a-t-il affirmé.
Pour ce qui est du redémarrage du complexe, le P-DG d’Imetal a fait savoir «qu’après le redémarrage du haut-fourneau, un délai d’un mois sera consacré pour le recrutement d’ingénieurs et l’augmentation de la production que cette question sera tranchée au plus tard fin mars prochain «d’ici la fin du mois de mars 2017 nous pourrons donner une projection précise du volume de production attendu pour l’année 2017», précisant que la prochaine deuxième phase de réhabilitation touchera la modernisation des laminoirs pour aller vers des aciers à forte valeur pour les besoins de l’électroménager l’automobile  »
Si l’on revient sur les propos du P-DG d’Imetal nous constaterons que tout ce est dit dans sa déclaration représente en fait tous les malheurs et calamités subis par cette grandiose entreprise à savoir l’abandon de sa vrai profession, le déclassement de ses métiers et enfin la renonciation à sa vraie vocation, Voilà donc le projet de l’ex Pdg d’I METAL qui n’est enfin qu’une reprise de toutes les activités abandonnées sous le règne de OUYAHIA qui a été beaucoup plus connu comme destructeur que constructeur.
D’ailleurs le ministre de l’industrie à savoir Monsieur Bouchouareb durant cette époque est une pâle copie du chef dont la réputation a dépassé tout entendement aux plans économique, de l’éthique, de la morale ou de la dégénérescence. «Tout ce qui est en train de se faire au niveau d’El Hadjar est suivi et supervisé par le gouvernement en temps réel » disait encore le PDG d’IMETAL. Peut-être dans le sens ou ce gouvernement n’a fait que piller les richesses du pays.
Combien de milliards de dinars sont dépensés pour ne pas dire flambés dans des équipements et installations ayant servis à renouveler un matériel d’ateliers mis à la disposition des indous ?. Comme quoi les soit disant partenaires n’ont fait que profiter d’une situation ou tout ce qui intéressait nos décideurs était de se décharger de la gestion de ce complexe qu’ils ont vidés des spécialistes dans des licenciements déguisés.(les départs volontaires).
Ne dit-on pas de ces démolisseurs et exterminateurs qu’ils manquent de savoir-faire dans tous les domaines du management ? Ainsi  qui a négocié avec les indiens ? Certainement pas les sidérurgistes qui connaissaient le métier mais les politiciens qui n’ont aucune compétence et dont les seuls arguments dont ils peuvent se faire prévaloir n’ont aucune relation avec le monde de l’industrie. !!
La capacité installée du complexe est répartie selon un mix de production de 1/3 de produits longs ( rond à béton, fil machine) et 2/3 de produits plats (brames de l’aciérie à oxygène numéro 1, tôles des laminoirs à chaud et laminoir à froid, parachèvement) Toutes les capacités des unités de transformation ont été calculées de telle manière que tout sera consommé soit en fonte liquide chaude, soit en semi-produit avec une maintenance préventive et une veille technologique.
Qu’est ce qui s’est passé à cette usine intégrée et qu’elle soit en décadence en termes de production qualitative et quantitative ?
La réponse coule de source et peut être résumée à ces quelques points :
⦁ L’usine n’a jamais été considérée totalement comme un secteur économique d’où le conflit permanent entre le peu de ses responsables honnêtes et des politiciens et syndicalistes influents.
⦁ Le passage au partenariat avec les étrangers n’a pas été du tout pris au sérieux, c’était le vrai bradage
⦁ Le départ du partenaire après avoir profité le maximum de tous les avantages.
⦁ Et enfin le malheur : l’injection de l’état de 1,2 milliard de DA entre les mains du partenaire étranger pour l’investissement pendant la période de son départ, un plan d’investissement orienté à travailler les intérêts de tout le monde sauf l’état algérien.
Ce plan d’investissement a été critiqué par certains et a réussi à mettre à nu le partenaire étranger pour qu’à la fin n’a pas été condamné pour ne produire que du produit long. Ce responsable actuellement en retraite après avoir été poussé par la bande en place juste après le départ définitif du partenaire étranger.
Sans aller jusqu’à prétendre que le sujet abordé dans notre article a la prétention d’être exhaustif, il est cependant assez clair que la question essentielle qui nous intéresse est le carnage qui s’est déroulé depuis des décennies dans le monde de la matière grise que l’Algérie a préparé pour le décollage économique.
Quelle fierté à en tirer aujourd’hui lorsque l’on constate que des postes importants sont occupés par des personnes qui n’ont rien à avoir avec la spécialité de la métallurgie et la sidérurgie ? L’ère BOUTEFLIKA a engendré le phénomène de la déperdition de nos meilleurs cadres ; on peut trouver des laitiers, et hommes de ressources humaines ou autres venant de secteurs éloignés. Ou sont passés les spécialistes qu’avait connus la sidérurgie ? Faut-il une crise qu’avait engendrée corona virus pour se pencher enfin sur la recherche d’hommes pour la prise en charge de la sidérurgie ? bien évidemment ceci est valable pour tous les secteurs. Il est donc urgent de revoir la composante des ressources humaines. On dit même que les diplômes de certains sont à contrôler. Des personnes n’ayant aucune compétence ont envahi pour une raison ou autres un secteur stratégique dont l’objectif est la destruction, le sabotage et la dislocation.

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