Le démantèlement du haut fourneau numéro 1 du complexe d’El Hadjar

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Qu’il est exécrable l’emploi des termes « démantèlement » ou « anéantissement » devant un symbole de l’industrialisation algérienne en l’occurrence le haut fourneau numéro 1 du complexe d’El Hadjar. En réalité cela dépasse le complexe d’El Hadjar puisqu’il s’agit du premier haut fourneau de l’Algérie indépendante inauguré en 1968 par le défunt Président Houari Boumediene. La fierté de tous les algériens de la fin des années 1970 va être anéantie, désagrégée en cette année 2020.De quoi s’agit-il, donc ?
Ainsi, une décision importante vient d’être prise par les plus hautes autorités du pays, à savoir la destruction ou la disparition du haut fourneau en question. Selon les éclaircissements données, cette décision a été arrêtée afin de recueillir les terrains d’implantation des équipements y afférents situées dans le complexe et totalisant plus de 100 hectares, ce qui permettra, selon toujours les explications en notre possession, d’abriter des projets de petites et moyennes entreprises (PME) liées à la sidérurgie.
Remarquons que la décision du démantèlement du haut fourneau n°1 revient aux longues années d’arrêt de cette installation stratégique pour la transformation du minerai de fer de la mine de l’OUENZA en fonte après son passage par la préparation des matières et agglomérés qui est constitué par deux installations à savoir la préparation des matières et agglomérés numéro 1(PMA n° 1) et la préparation des matières et agglomérés numéro 2 (PMA n° 2) .
L’objectif du complexe est l’élaboration de la fonte et sa transformation en acier pour la fabrication de tôles, tubes et particulièrement le fils machine. Ce qui revient à dire que la fonte est un produit essentiel dans la fabrication de l’acier. C’est, donc, dans la zone matières premières et fonte composée d’une cokerie, deux PMA et deux hauts fourneaux que commence le processus de fabrication de la fonte et ensuite celui de l’acier dans les aciéries et enfin les produits semi-finis et finis dans les laminoirs.
Sans rentrer dans les détails liés à l’exploitation de ce grand complexe, il faut indiquer que les ateliers et équipements ont connu, pour beaucoup de raisons, des déficiences et insuffisances qui se sont répercutées sur la bonne marche de la production. Ce fut d’abord, au niveau de la zone des matières premières, ou l’on a vu l’arrêt des deux batteries de la cokerie qui, en plus de la fabrication du coke avec du charbon importé de l’Amérique latine, produit beaucoup de sous-produits (gaz, ammoniac, souffre, goudron…). La deuxième batterie s’est arrêtée durant la présence des indous. Ce fut également le même problème en ce qui concerne les PMA qui connaissent une dégringolade des résultats et pour lesquelles aucune action de régénérescence ne fut entamée par ARCELOR. Enfin et en tout dernier lieu, le même partenaire ne bougea pas le petit doigt pour engager les travaux de réparation sur le haut fourneau n°1 qui était en panne à son arrivée et qu’il laissa dans cette situation durant toute sa présence en Algérie.
Comme on le constate, les indous, malgré les engagements contractuels pris avec notre pays, n’ont jamais collaboré sérieusement et, en toute accointances avec « el içaba » ou la bande, ont trouvé le terrain libre pour profiter le maximum de leur présence dans un pays dirigé par des gangsters.
Il est vrai que le nombre d’années passées en Algérie a permis aux indous de tisser des relations sublimes avec ceux de nos dirigeants qui sont préoccupés par leurs intérêts propres ; ceux-là même qui iront jusqu’à vendre leur âme pour s’assurer malhonnêtement des gains substantiels.
De toute manière, l’Algérie ne gagna rien en scellant cette alliance avec ARCELOR puisque cette entreprise n’apporta rien ni du point de vue de la technologie ni des investissements.
La coopération avec les indous a été un échec sur tous les plans pour l’Algérie sauf pour ces derniers, c’est-à-dire des indous, et les bandits du régime qui ont bien préparé leur coup
Ainsi, l’indien tout préoccupé par ses intérêts n’a fait que profiter d’une situation qui lui a permis de s’accaparer des richesses de l’entreprise sidérurgique algérienne dans une absence totale des représentants algériens qu’ils soient étatiques, gestionnaires ou syndicalistes
Dans une déclaration transmise à la présidence, le ministère de l’intérieur, le ministère de la justice ainsi qu’à plusieurs titres journalistiques, qui d’ailleurs ont refusé de la publier, l’association de la famille du chahid , l’ANFC, a revendiqué auprès des pouvoirs publics de diligenter, pour plusieurs raisons invoquées dans cette déclaration, une enquête approfondie sur le dossier de pseudo partenariat avec la firme indienne Arcelor mittal et d’entamer des poursuites éventuelles judiciaires en Algérie et à l’étranger au niveaux des tribunaux internationaux pour le préjudice subi ainsi que le pillage financier enduré par l’Algérie durant toute la période de partenariat avec la complicité des responsables syndicaux, gestionnaires et leurs parrains politiques algériens.
Cependant, il reste à comprendre la base de la prise de décision du démantèlement du haut fourneau. Sachant bien que la meilleure production réalisée à l’époque de SIDER de un million de tonnes a été effectuée avec les deux hauts fourneaux, compris le HF1 qu’on va démolir. Il était question que la cokerie était à démonter et finalement elle sera réhabilitée.
Etant donné que le HF N°1 est désaffecté depuis plusieurs années, le ministre de l’Industrie, en concertation avec le staff dirigeant ont décidé de récupérer son terrain, Est-ce que c’est un problème d’espace à libérer pour d’autres projets ? Il faut donc donner la véritable cause du démantèlement de l’HF.
Le démantèlement est contre le développement de la ligne produit plat puisqu’il va y avoir un manque fonte pour le développement du complexe. Lorsqu’on parle du développement du produit plat, on doit penser à la fonte qui l’alimente bien évidemment, ceci pour ce qui s’agit de l’usine d’El HADJAR.
Dans le monde industriel, les anciens hauts fourneaux ont été gardés (Inde, Russie…) et, finalement ils sont en exploitation.
Est-ce de la précipitation ? Est-ce une priorité de détruire un haut fourneau qui est une action très facile ? Cela sert à quoi de détruire l’HF ? C’est pour la ferraille qui peut alimenter au bas mot les aciéries pendant seulement une année. Puis va-t-on alimenter les aciéries avec de la ferraille importée ?
Ce n’est donc pas une décision qui va permettre de développer le secteur automobile sachant que ce métier nécessite l’existence de produit plat qui n’a pas d’ailleurs été traité par les indous qui étaient seulement préoccupés par le rond à béton et le fil machine d’où l’abandon de la zone produit plat.
Alors, le démantèlement du haut fourneau préfigure-t-il le passage à la réduction directe du minerai de fer ? Va-t-on vers l’élimination de la zone fonte ?

Par OULHASSI Mohamed

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