DE LA CREDIBILITE DES PREVISIONS ECONOMIQUES ALGERIENNES

Actualités, Culture

par OULHASSI Mohamed
Selon des prévisions de l’organisation des pays exportateurs de pétrole, le baril n’atteindrait le niveau de 150 dollars que vers la fin des années deux milles vingt. Que va-t-il advenir des pays producteurs de l’or noir ? Un politicien algérien, président d’un nouveau parti, a même prédit des années noires pour l’économie algérienne en 2020. Est-ce par rapport aux prédictions de L’OPEP qu’il eut cette intuition ?
Qu’importe ! Le problème pour notre pays se situe, à n’en pas douter, dans l’absence de clairvoyances ou peut être de perspicacités dans la recherche de solutions aux problèmes posés. Ce qui, en soi, n’est pas une découverte, notre pays dans n’importe quel domaine de la vie n’a jamais fait des prévisions économiques ou autres son dada ! Quelle que soit l’importance de l’information devant servir de base de recherche pour les calculs des anticipations, il n’est pas toujours tenu compte de tous les paramètres du phénomène à étudier.
Quel meilleur exemple à donner que celui de cette grande usine dans la région d’Annaba à qui on a expressément signifié de préparer des prévisions quinquennales en vue de postuler à un prêt bancaire qui devrait s’étendre sur la même période. Au cadre à qui on a demandé de préparer l’œuvre, il a été expliqué que le travail devrait être prêt dans les quelques heures qui suivent. Ce dernier n’eut qu’à s’exécuter malgré toutes ses démonstrations que le temps pour mettre à point un travail complet et précis doit être plus important.
Croyant, en conséquence, à une visite d’une personnalité à l’usine et que l’esquisse qui lui est demandée ne va servir que dans l’objectif de présenter, à quelques visiteurs, la situation générale de l’entité, il remet, donc, ce qu’on a lui demandé selon les orientations données. Mais quels ne furent son étonnement et sa surprise lorsqu’après deux années il eut dans les mains le manuel de la banque dans lequel il n’eut qu’à constater que ce qu’l crut simplement comme destiné à faire connaitre une usine à un étranger est en fait bel bien un « projet » qui a été discuté avec des autorités et constitue à ce titre un programme tout ce qu’il y a d’officiel pour la montée en production présagée !
Cet exemple n’est pas isolé et  peut, d’ailleurs, constituer la règle générale dans un environnement où il n’est, toujours, pas fait restriction de formules qui tendent à corrompre un monde fait de règles et de formules précises et scientifiques! L’exemple qu’on a donné concerne la présentation d’un plan quinquennal pour la montée en production d’une usine. Mais ceci peut dépasser le simple cas d’une usine aussi importante soit-elle et couvrir tout un pan de l’économie nationale comme l’agriculture, l’industrie ou le tourisme.
Ainsi constate-t-on que dans un domaine où l’on devrait tenir compte de tous les indicateurs de gestion pour atteindre les objectifs de production, des dirigeants qui peuvent être à des niveaux de responsabilité très importants, négligent ou n’ accordent pas l’importance nécessaire à une gestion efficace qui implique une organisation et une structure fonctionnelles des objectifs, activités et ressources. Ceci s’explique évidemment par les facilités et les aisances financières procurées par la rente pétrolière.
On n’a pas besoin de se fatiguer les méninges, la manne est là grâce à l’or noir ! La production nationale dans les divers secteurs peut rester à ses plus faibles niveaux ! Tout s’achète, pourquoi se surmener quand on a un matelas financier que même les pays riches nous envient ?! Dans cette allégresse, toutes les promesses et prévisions qui furent formulées dans le but d’utiliser cette richesse que la nature nous a dotée dans des investissements utiles ne furent jamais tenues. Aujourd’hui avec la grande crise qui a pointé depuis presqu’une année, les dirigeants arriveraient-ils à introduire une nouvelle vision pour échapper à la crise qui semble nous guetter Seulement, peut-on faire confiance à des équipes qui ont failli lorsqu’ils les caisses de l’état étaient bien remplies ? Avec quoi va-t-on procéder à la relance de l’économie ? Va-t-on comme il semble être deviné se rabattre sur le portefeuille du citoyen par l’augmentation imprévisible des services et produits, encore que cette manière de faire n’est nullement indiqué pour sortir le pays de l’ornière en comptant uniquement sur l’augmentation des prix ?
La question qui se pose dépasse de loin le phénomène de léthargie ou d’inertie dans la mesure où il n’a pas été fait cas des expériences précédentes où notre pays a vécu des moments difficiles. Les années quatre-vingt ont connu des répercutions dangereuses sur la vie de notre société. Quel enseignement a-t-il été tiré de cette période difficile où l’Algérie est passée par des difficultés et troubles doublés par les évènements de la décennie noire qui ont failli la jeter dans les labyrinthes de la préhistoire !?
Arriverait-on après ces mauvaises expériences à avoir, enfin, une économie basée sur des prédictions et des prévisions solides qui permettent, comme dans tous les pays qui se respectent, à être bien géré? Remarquons que les prédictions sont les intuitions qui sont fondées sur la clairvoyance et la perspicacité des hommes qui dirigent l’économie. Quant aux prévisions, il s’agit des données chiffrées traitées avec des méthodes scientifiques. C’est donc avec des méthodes fiables qu’on gère le monde de l’économie et non sur des bases de données imaginaires, comme on l’a précédemment constaté.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.