EL MACHROHA (Souk Ahras) : L’ombre d’ABOU EL KACEM ECCHABI« Le poète tunisien qui marqua son époque »

Actualités, Culture

 

 

 

 Par OULHASSI Mohamed

Quel intérêt y aurait-il à parler d’une figure légendaire de la littérature tunisienne ? Considérant le mérite d’une région si  réputée durant la colonisation mais également dans les premières années de l’indépendance pour ne pas dire les années soixante-dix, il n’est pas négligeable de revenir sur la vie d’un célèbre poète à la recherche d’un repos salvateur dans une région  de l’extrême Est algérien.

S’agissant du poète ABOU EL KACEM ECCHABI, il est vrai que les bribes sur son passage à EL Machroha montrent que nos hommes de culture n’ont jamais essayé de s’y intéresser.A un certain moment , on aborda le sujet de manière succincte dans les écoles. C’est ainsi que l’on apprit que ce célèbre personnage passa une période assez conséquente de sa vie de   malade à EL Machroha. Point d’autres éléments sur  son destin. Avec le temps, on effaça  de la mémoire son passagedans cette région. Aujourd’hui  dans des reportages vus à la télévision tunisienne plus rien ne fait cas de son passage.

Mais d’abord que représente EL Machroha  pour qu’au début des années trente, elle eut le privilège d’accueillir cet homme de lettre ? Jusqu’à la fin des années soixante-dix, cette région était la destination de centaines de colons pendant toute la saison des vacances. Chaque soirée, les chants enfantins égayèrent  les douces  nuits de la petite ville. Le jour, des rangées de petites filles et de petits garçons s’enfoncent dans les forêts luxuriantes ou sont organisées des jeux, des promenades ou des cours sur la faune et la flore dispensés  par des maitres d’écoles venus de différents horizons.

L’histoire récente de notre pays retiendra que du jour au lendemain tout disparaitra sans laisser de traces pour les générations actuelles. Plus de colonies de vacances. Plus de sanatorium, plus d’orientation de malades dont l’air de la région y fut le principal paramètre pour la guérison de maladies telle que la tuberculose.

Visiter ce terroir ou simplement prendre la route qui y mène est une aubaine pour tous ceux qui apprécient  la beauté de la nature. On ne s’y satisfait  jamais. L’avoir visité une fois, vous entraine à y revenir .Située sur la route nationale numéro seize (16), elle est distante d’environ quatre-vingt kilomètres d’Annaba et vingt kilomètres de Souk  Ahras.

Les forêts traversées par la route sont luxuriantes. Au mois d’Avril, les dernières couches de neige fondent lentement et alimentent de leurs eaux limpides les sources environnantes. En hiver l’on trouve la région enveloppée d’un « beau manteau blanc » qui lui donne une image féérique. En été, la région préserve sa verdure. C’est, donc, sous cette appellation – LA VERDURE– qu’elle fut dénommée   au début  de la colonisation. Ce nom lui resta Jusqu’à  départ des colons  à l’indépendance

Elle porte, aujourd’hui le nom d’ElMachroha, c’est-à-dire « l’étendue » nous donne la traduction littérale du mot. Peut être doit elle ce nom à sa configuration qui permet de dominer toute la région par un simple coup d’œil. Le docteur khoualdiaali, médecin, nous explique que c’est le taux d’humidité élevé qui permet  l’existence de la végétation pendant les quatre saisons. Encore  que l’absence d’obstacles majeurs entre la localité et la mer méditerranée lui ont donné toute sa richesse et sa renommée qui ont outrepassé nos frontières.

Revenir sur l’histoire  d’ElMachroha, c’est découvrir que de simple village, aujourd’hui, elle fut un EDEN  pour le repos d’Européens, tunisiens ou marocains et beaucoup de riches algériens, il ya seulement quelques décades.. Des cartes postales vantant ses mérites, hôtels et sources furent envoyés avec fierté dans beaucoup de contrées.  « On y venait pour se reposer et se soigner. D’illustres personnages y passèrent un peu de leur vie, subjugués par la beauté des paysages. On ne se souvient pas des noms qui visitèrent la région»   nous dit le docteur Khoualdia.D’autres préoccupations ont laissé les gens loin de ces promenades et déplacements d’étrangers  à la région étant donné leurs conditions de colonisés, la misère…

Un vestige : un hôtel-restaurant construit par un entrepreneur français                                                                                    dans les années vingt témoigne, néanmoins, qu’ElMachroha était une région visitée ; Il n’est pas le seul. D’autreslieux faisaient fonction d’hébergements. Transformées en habitations ou en lieu d’accueil pour les colonies de vacances, pour un certain temps, certaines de ces constructions sont, de nos jours, fermées dans l’attente peut être, d’une reconversion .Mais ne l’oublions pas, la peur du terrorisme dans les années quatre-vingt-dix fut également une des causes principales de l’abandon d’une activité très prisée que fut l’organisation des colonies de vacance. Les étés égayés dechants d’enfants ne sont plus qu’un souvenir lointain.

Un jour, au début des années quatre-vingt dix, un retraité a voulu défier les habitudes. Pourquoi ne pas construire un hôtel restaurant dans la région qui l’a vu naitre ? Pourquoi ne pas ressusciter  la vocation du village ? Il suffit de s’y mettre ! Peine perdue ! En dehors de l’animation de quelques mariages, aucune visite n’a été signalée. La seule activité qui fut organisée était la vente de casse-croutes de brochettes dont beaucoup en raffole

Les bienfaits d’ElMachroha sont ceux dont la nature a bien voulu la doter. Il suffit de la visiter pour s’en rendre compte. Perchée à plus de 800 mètres d’altitude, elle a toutes les qualités pour être un lieu de villégiature de premier plan. Le sport qui pourrait être le plus pratiqué est la marche qui vous fera découvrir les plus belles forêts existantes en Algérie. Encore que son stade situé à environ 950 mètres d’altitude peut rendre beaucoup de services aux amateurs de football.

Les exercices d’entrainement effectués par les joueurs peuvent se faire à une hauteur qui peut dépasser facilement les 1000 mètres. « Regardez autour de vous, n’est ce pas un endroit idyllique pour notre équipe nationale ? » me dit le docteur Khoualdia Ali, natif et vivant toujours dans son village natal. « L’équipe  de El Machroha, habituée à travailler en hauteur avec des efforts physiques très importants en haute altitude, se comporte merveilleusement dans ses déplacements dans les stades en basse altitude. Le corps habitué à se dépenser beaucoup plus ne souffre pas de fatigue en basse altitude. Les sportifs des plaines souffrent physiquement des hauteurs s’ils ne sont pas spécialement entrainés. C’est ce qui se passe, en général, avant chaque match à disputer par nos équipes » poursuit-il.

Pour revenir à notre célèbre poète, on apprend, ainsi, que cet écrivain poète ayant terminé ses études et reçu son diplôme en 1930, a désiré effectuer un stage d’avocat au tribunal de la Driba mais, en 1931, par désillusion ou par devoir, il retourne s’installer à Tozeur.

Chebbi s’occupera alors de sa famille, de sa mère et de ses trois frères, dont il a désormais la responsabilité. En octobre, il écrit Prières au temple de l’amour (1931) alors que naît son premier fils, Mohamed Sadok, le 29 novembre]. L’année suivante, il crée l’association de l’amicale du Jérid et l’inaugure par une conférence sur l’hégire le 7 mai 1932. Ce même été, il part à AïnDraham avec son frère Lamine Chebbi et tous deux font un passage à Tobrouk (Libye), malgré la douleur ressentie par Abou el Kacem en raison de sa mauvaise santé.

Abou el Kacem Chebbi, également orthographié Aboul Kacem Chabbi ou Aboul-QacemEchebbi, né probablement le 24 février 1909 à Tozeur et décédé le 9 octobre 1934 à Tunis, est un poète tunisien d’expression arabe unanimement considéré comme le poète national de la Tunisie.

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