ANNABA : Qu’est devenue la ville d’antan ?

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Par OULHASSIMohamed

                                                                                                               

Annaba ville régionale ou nationale ? Nul ne s’y prononcera !  Effectivement qui fréquente cette cité qu’on dit l’une des plus belles d’Algérie ? Elle fut la ville industrielle où l’un des pôles les plus attractifs du développement de l’Algérie indépendante fut construit. C’était la période où des dizaines d’usines couvrirent des hectares de bonnes terres, enlevées à une agriculture non moins réputée qui fut aussi exceptionnelle que ne le furent ses agrumes et cultures maraichères. Des milliers de nouveaux habitants y découvrirent leur bonheur dans ce qu’elle leur offrit de travail et de gites.

Ses plus belles années périclitèrent en jours sombres où tout ce qu’elle compta comme aubaine et réussite pour ceux qui étaient dans le besoin se transforma en malédictions et en malchances. Des usines fermèrent. Des ateliers se barricadèrent. Des chantiers se vidèrent de leurs occupants. Des commerces mirent la clef sous le paillasson…Que resta-t-il de ces années de développement ou, du moins, cette grande période où tout un chacun connut satisfaction de ses besoins élémentaires et réussite à ses intentions de changement.

Il faut bien des études sociologiques pour bien cerner objectivement ce qu’il est advenu d’Annaba depuis les années quatre-vingt-dix. Où passèrent ces milliers pour ne pas dire ces centaines de milliers de cadres, agents de maitrise et ouvriers qui firent marcher ces centaines d’usines, ateliers et commerces qui, pour la plupart, n’existent plus. Ce qui se passe actuellement c’est que les gens deviennent plus pauvres, presque sans se rendre compte, et que des classes  entières changent de statut chaque jour que Dieu fait. Peut-on ainsi dire que la classe moyenne existe en Algérie ? Difficile de s’y prononcer en l’absence d’études sérieuses !

Qu’à cela ne tienne ! Par quoi a-t-on remplacé toutes ces usines et chantiers ainsi que les entreprises de services fermés à la production ? Une armée de nécessiteux  a peuplé la ville et ses environs. Les synonymes du mot nécessiteux sont une légion. On a l’embarras du choix ! Besogneux, pauvres, humbles, mendiants, sans-le-sou, va-nu-pieds., indigent, pouilleux…La pauvreté à Annaba ou, ailleurs en Algérie, existe bel et bien.

Le dénuement s’accroît, enfermant des foyers dans le traquenard de la pauvreté. Dés l’aurore, la ville est saturée par une cohorte de gens empruntant tous les moyens imaginables de transport en ces temps de dèche et de besoin. Les matricules des véhicules montrent qu’Annaba attire toujours les ex arrondissements qui constituaient  ses limites. Tebessa, Guelma, Souk Ahras, Tarf et bien d’autres régions encore sont les immatriculations des véhicules qui s’agglutinaient dans tous les coins et recoins de la cité.

Le centre ville est la destination privilégiée de tous. A en croire que la résolution des problèmes de tout ce beau monde se trouve en ces lieux. Au crépuscule, quelque peu avant le coucher du soleil, le même manège qui a entrainé l’envahissement de la ville  concourt à son désemplissage. Ne restent alors que les derniers badauds qui regagnent peu à peu les cités environnantes. Le lendemain, aux mêmes heures, le scénario de la veille se répétera avec les mêmes refrains. En attendant de jours meilleurs, Annaba, qu’on dit la coquette, se contente du peu que lui confèrent les conditions économiques toujours en décroissance.

 

 

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