BÔNE…« VOIX DE NOVEMBRE 1954 »

Culture

Par l’écrivain Ammar CHOUABNIA.

Contrairement à d’autres villes, Bône construite sur une plaine ne s’apprêtait pas à une guérilla, mais les stratèges du Front de libération nationale (FLN) élaboraient à chaque mission ou besoin, un plan particulier. Le 6 Octobre 1956 était un samedi, pour éloigner les forces d’occupation du centre ville des grenades sont lancées dans des bars à Joannonville dans la banlieue de Bône. Plus, tard des militants du Front à bord d’un taxi descendent l’avenue principale, le cours Bertagna, (aujourd’hui cours de la révolution : analogue aux Remblas* de Barcelone), mitraillant des Européens attablés de parts et d’autres sur les terrasses des cafés : l’hôtel d’orient, brasserie de la paix, le Maxéville et le Dauphinois. Des morts et bon nombre de blessés étaient transportés par camions militaires, sirènes hurlantes vu l’insuffisance des ambulances. L’action est évidemment médiatisée et perçue comme attentats terroristes, chose naturelle pour l’occupant. Mais ces maitres d’œuvres à la tête de cette tactique, tel que Badji Mokhtar et Benaouda, (c’était lors des préparatifs du déclenchement et durant celui-ci) en concertation avec leurs frères Ben Boulaid, Zighoud Yousef, Lakhdar Ben Tobbal Abane Ramdhane et tant d’autres qui consistait à faire diversion pour soulager les maquis harcelés par une armée plus puissante, mieux équipée et organisée et la détourner jusqu’ aux Aurès. Pour ces compagnons, pour Benaouda, l’ami de Zighout youcef, Zighout : qui veut dire aussi : « Yeux verts émeraude à reflets irisés »Benaouda était parmi les rares personnes à connaitre la signification. Les médias d’appui au colonialisme concluront que la stratégie du FLN, par : « Hélas elle est efficace ».Si nous analysons l’aspect philosophique et médiatique, contredisant la propagande Française, par :« même des civils Européens et Algériens ne sont pas épargnés de la barbarie des Fellagas », évidemment pour elle et à la limite d’elle-même ça ne peut être autrement, seulement la Révolution Algérienne se définissait dans un combat contre tout un système qui a induit à l’erreur, par diverses pressions des Algériens. La fameuse synthèse d’Abane Ramdane : « Un ennemi tué en veston rapporte mieux que vingt cadavres en uniformes dans les djebels. ». Pensons-y, Messieurs !
Malgré l’engagement militaire révolutionnaire pour la libération, les jeunes appelés Français n’étaient pas préférés pour mourir en uniformes, mais c’était ceux qui les faisaient venir et résidaient dans les villes. « En veston… »

Bône à l’instar de quarante autres villes et localités, dans le nord Constantinois se remarquera dans une nouvelle tactique en dehors de l’offensive sur des casernes et administrations Françaises, mais des attaquent directes sur les Européens et leurs familles, à la date choisie du 20 Aout 1955, date marquant le deuxième anniversaire de la déposition de Mohammed Ben Youssef, Sultan du Maroc, qui conduira à l’indépendance de ce pays. Cette action serait menée spontanément par la population Musulmane. Conclusions médiatiques à l’opinion internationale : l’insurrection populaire Algérienne et non aux tenants tendancieux de : « Bandes de fanatiques ».
Des écrits d’historiens confirment à ce jour que la France n’est parvenue à l’écriture de l’histoire critique et citoyenne selon cette constatation de l’historienne Française Claire -Mauss Copeaux : « Si l’observation est aussi valable dans le sens Algérien, il n’aurait pas fallu attendre la promulgation de la loi scélérate de 2005 sur les « bienfaits » de la colonisation. Pour constater, par exemple, que fantasmes, approximations, stéréotypes, manichéisme, occultation et dénaturation caractérisent la représentation des évènements du 20 Aout 1955 dans le nord Constantinois ».

*Avenue piétonne prisée par les promeneurs faisant face au vieux port. (Plaza de catalùna : Place de Catalogne). Extrait du livre du même auteur.

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