Que peut cacher l’épidémie du choléra ou la crise du management de la santé en Algérie ?

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Pour : ‘’Le Point d’Algérie’’

Par :Maitre M.Oulhaci.

Les opinions, évaluations et analyses pas toujours, évidemment, innocentes vont bon train contre le ministère de la Santé depuis le surgissement de l’épidémie de choléra. Incontestablement c’est le milieu hospitalier qui est passé maitre de la polémique. Les voix à l’unisson culpabilisent les responsables du ministère de la santé. La rumeur quant aux implications de pans entiers du ministère de la santé enfle toujours. C’est à qui essayera de trouver le plus de faiblesse dans la gestion de ce grand département que revient la palme. Le constat est que de toute part l’on cherche à sauver les meubles avec des déclarations qui ne convainquent personne. D’ailleurs aussi persuasif que l’on puisse être, l’imputation du problème ne pourrait être l’apanage d’un seul département ministériel D’ailleurs, que ne faut-il pas prétexter pour dissimuler les origines de la véritable détresse ? En fait le véritable tourment réside dans l’ignorance des origines de la contamination. Et pour être sincère avec soi-même, il faut aller outre cette hécatombe et essayer de comprendre ce que cache notre système de santé Doit-on considérer que la dichotomie que renferme toute sorte de notions qui concernent la structure socio-économique de notre pays est l’une des causes des faiblesses de notre évolution? La santé est un droit consacré par la Constitution d’où le droit des citoyens à la protection de leur santé. Depuis des décennies des résultats appréciables ont été réalisés mais certainement le système national reste confronté à divers empêchements qui dégradent son rendement et ses records. Selon des professionnels de la santé, les embuches et entraves résident d’abord dans l’inadéquation qui touche à son organisation et sa gestion. La santé en Algérie est confrontée qu’on le veuille ou pas à l’existence d’un secteur public et d’un secteur privé. Ou est la complémentarité des deux secteurs lorsque l’on constate que tous les moyens sont accaparés par le secteur public. La formation par exemple en ce qui concerne le privé est pratiquement absent. L’état ne participe pas à la formation des ressources humaines Le privé utilise tous les moyens qui lui sont offerts que ce soit pour le personnel ou les médicaments. Ainsi, en l’absence de formation, des infirmières viennent travailler au noir dans les cliniques privées, ce qui reste de toute manière insuffisant dans la couverture des besoins en ce type de spécialité. Par rapport aux médicaments, il faut constater que malgré les prévisions annuelles l’approvisionnement ne couvre pas les besoins d’où le recours à tous les moyens, y compris à ce qu’on appelle le « trabendo ». Notons que cette situation imprégnée par une déficience grave qui touche ainsi à un secteur aussi important que pourrait l’être la santé dans la vie d’un pays donne toutefois, selon un professionnel, une grande satisfaction quant à l’existence de praticiens (médecins, spécialistes et professeurs) qui disposent d’un savoir-faire et d’une technicité à toute épreuve que pourraient nous envier beaucoup de pays développés. Ou pourraient, donc, résider les faiblesses de la santé algérienne ? Selon toujours notre interlocuteur qui est un professionnel de la santé, il faut fondamentalement mettre en cause la faiblesse du management avec ce que cela comporte ce concept comme signification, étant donné que c’est une discipline d’entreprise qui a pour vocation la planification l’organisation, la direction et le contrôle en vue de l’atteinte des objectifs de production. Ce ne sont pas les équipements qui vont changer, à eux seuls, l’assistance sanitaire. Sans doute que les équipements et infrastructures vont augmenter les moyens existant, mais ils ne régleront pas le déséquilibre lié au potentiel humain qui, qu’on le veuille ou pas, reste la seule force qui génère l’acte de soins. Actuellement, le problème de fond de la santé est lié au management. Chez nous, a la tête des hôpitaux, on trouve des professeurs qui n’ont aucune formation en management ce qui n’est pas le cas en France ou il existe des spécialités enseignées dénommées gestion des hôpitaux qui intègrent médecins et autres spécialités L’organisation des établissements hospitaliers (cliniques, hôpitaux) d’après la législation s’appuie obligatoirement sur la mise en place de deux directions, l’une spécialisée en administration, l’autre en médecine. Seulement ceci relève du théorique. La gestion est la grande absente du secteur de la santé et comme on vient de le constater il existe toujours un manque important de personnel paramédical spécialisé au niveau des établissements hospitaliers, Ceci se répercute bien évidemment sur les structures de maintenance du matériel, équipements, instrumentation, bâtiments…. On peut citer en vrac tous les ingrédients de la faiblesse du système de santé en Algérie selon les points noirs suivants : manque de formation des infirmiers, manque des équipements et de l’ instrumentation, manque de personnel spécialisé et de médicament, absence de prévisions rationnelles dans les produits médicamenteux d’où les pénuries, faiblesse du management … tout ceci favorise l’impuissance, l’ affaiblissement et la défaillance de la santé ainsi que les rôles criminels et illicites et admet le développement de ce qu’on appelle communément dans notre pays le « trabendisme ». C’est donc dans ces conditions que l’épidémie de choléra a surgi Elle semble, vu la situation du système de santé, ne jamais avoir été prévue et pris au dépourvu les plus hauts responsables du pays qui, pour cacher leur honte et leur déchéance se sont rabattus sur des explications et interprétations qui ne les honoraient en tout point devant les citoyens.. En effet, les responsables algériens ne sont pas dans la prévention des risques mais juste dans le travail imprévu mené au petit bonheur la chance avec tout ce que cela implique comme absence de prévision dans la gestion. La saleté ne gêne personne. Villes, villages, plages, pourtours des mosquées, fermes, abords des routes, cimetières, champs…Nul n’est dérangé par la vue de ces immondices, ces chiens et chats errants. On ne réagit pas devant ces troupeaux de vaches et moutons qui envahissent nos cités…Pourquoi ces maires sont élus ? Quel est le rôle des responsables qui nous dirigent face à la malpropreté ? Tous on s’est accommodé des détritus qui nous entourent !!! Le résultat on le connait ! Une maladie nous est venue des tréfonds des siècles avec les conséquences qu’on sait. Et figurez vous dans quelles régions a-t-on été touches ? En plein centre du pays. A Blida, Boumerdés, Médéa.. Quelle honte !! On dit que des pays qui nous sont limitrophes au sud du Sahara sont en pleine réflexions pour mettre des moyens de prophylaxie pour se protéger des algériens. Il ya eut également les nostalgiques de l’Algérie française qui défilèrent dans une euphorie totale pour marquer leur bonheur de voir ce qui survient à l’Algérie. Quelles réactions a-t-on constaté depuis quelques jours où l’on a vu des fanfaronnades de certaines administrations locales qui, sans honte, ont pris sur elles de lancer des campagnes de volontariat pour les nettoyages de cités ou quartiers ! Ainsi, en plein 21ème siècle de soit disant responsables, au lieu de réfléchir à la gestion des villes de manière scientifique, nous font ressortir des idées du siècle passé qui n’ont même pas données des résultats convaincants en leur temps. Nous avons eu notre épidémie de choléra pour les raisons qu’on vient de souligner et dont, principalement, la saleté. Mais qu’est ce qui peut advenir du fait des carences dues à la faiblesse du management de la santé ? OULHASSI Mohamed

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